Appel au vote !

Mes chers compatriotes de France et d'Europe,

 

De-ci, de-là, je vous ai régulièrement interpellé sur l'échéance proche désormais des 22 et 23 janvier. Encore une élection qui ne va pas changer grand chose, diront certains... Encore un Président de la République symbolique mais, pourquoi faire ? S'il se réclame du peuple tout entier, pourquoi élever la voix à gauche ?

 

Si le Président de la République portugaise ne gouverne pas, c'est certainement une chance. En France, certains leaders socialistes rêvent et travaillent à l'avènement du VIème République qui s'inspire du régime politique de la démocratie portugaise. Un Parlement fort. Un gouvernement issu de la légitimité du peuple, avec un Premier ministre pour capitaine. Gageons que la démocratie ne repose pas uniquement sur les épaules d'un seul volontaire, aussi volontaire soit-il. Et je refuse, comme beaucoup d'autres, que notre démocratie tienne en équilibre sur un fil aussi fragile...

 

La campagne pour Manuel Alegre en France n'a pas eu lieu de forme classique, autant pour les militants qui s'animent dans d'autres pays européens. Peu de moyens, peu de logistique. Nous sommes loin du Portugal, toujours trop loin. Nous sommes surtout quelques centaines de militants investis pour un pays dans lesquels nous n'avons même pas vécu plus d'un mois complet dans notre vie. Et la vie a déjà été longue pour certains. Pourtant, cette campagne s'est faite parce qu'il s'agit du candidat Manuel Alegre. Pour Manuel Alegre ! Les raisons de ce soutien son nombreuses : son passé militant exceptionnel, ses combats de résistant, sa détermination à remettre la liberté dans les mains des siens pour un pays juste et solidaire franchissant chaque étape, sans sourciller, depuis plus de 50 ans, avec l'avenir toujours meilleur pour cible, les mots qui ont fait le Préambule de la Constitution, la poésie et la littérature engagées qui sont une évidence comme cette candidature aujourd'hui. Il est ce Victor Hugo du XXème siècle qui grignote allègrement notre XXIème siècle afin de dire, inlassablement, à tous que la démocratie est le bien commun le plus précieux. Protégeons-la et sachons décider quand nous sommes appelés à le faire. Ma génération faite de fragmentés et de fragmentaires n'est pas moins courageuse que les précédentes et les combats politiques ne sont pas moins nombreux ou moins importants. La justice sociale est encore à faire. Ma génération manque surtout de Manuel Alegre au pluriel, de voix comme la sienne.

 

Cet engagement fort pour Manuel Alegre et pour ce pays qui manque toujours là où nous sommes dispersés est une façon de faire l'Europe. Une façon d'inscrire l'idée et le sentiment de saudade dans l'avenir. Celui-là même qu'on explique toujours si mal et qui fait que les Portugais ont toujours su quitter le port sans jamais l'abandonner. Nous sommes tous en train d'écrire quelques phrases de cette histoire portugaise, discrètement mais sûrement. Pour celle de la France aussi, sans équivoque. J'ai grandi avec des Portugais qui n'ont jamais isolé les drapeaux l'un de l'autre. Dans une salle de réunion, dans une salle de fête, sur les places publiques où on se lançait dans les pas joyeux d'un Vira du Minho, dans les voitures, dans les maisons, les drapeaux se sont toujours entrecroisés fièrement. "Nous sommes européens" et il n'est pas question d'abandonner un pays pour l'autre. On ira de port en port, comme les Portugais ont toujours su faire d'ailleurs.  A Metz, de quelques rares inscrits en 2001, nous dépassons la centaine. Tout est possible à condition d'être là !

  

Ce vote, c'est notre strophe à nous. Une strophe du poème portugais national. Manuel Alegre nous a déjà dit et fait de la place, dans ses pages planches mais, aussi dans ce Portugal qu'il souhaite plus juste pour tous.

Ses premiers mots, s'il devient Président de la République, seront aussi pour nous.

 

Alors, aux urnes citoyens ! Au diable les kilomètres qui nous séparent des Consulats ! Ils ne sont rien pour voir Manuel Alegre à Belém.

Mon vote et la liberté que j'y délègue est sienne. Sa voix seule saura donner à ce pays une autre première note d'un destin meilleur.

 

Nathalie de Oliveira 

 

 

Natali Oliveira às 09:10 | link do post | comentar